À l’heure où les visages transformés et les résultats parfois trop visibles suscitent de plus en plus de questionnements, une nouvelle approche de la chirurgie esthétique s’impose : celle du naturel, de la mesure et de la personnalisation. Pour le Dr Alexandre Koutsomanis, chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique, l’objectif n’est pas de changer un visage, mais d’en préserver l’harmonie et de permettre à chaque femme de devenir, simplement, une meilleure version d’elle-même. Dans cet entretien accordé à Liberty’s Magazine, il revient sur son parcours, sa vision du bien-vieillir et l’importance d’une relation de confiance entre le praticien et sa patiente.

Chirurgie esthétique : et si le plus beau résultat était celui qui ne se voit pas ?
1. Vous avez toujours été attiré par la chirurgie esthétique et vous en parlez comme d’une véritable vocation. Pouvez-vous nous raconter votre parcours et ce qui vous a donné envie de vous orienter vers cette spécialité ?
J’ai fait mes études de médecine uniquement pour la chirurgie plastique et esthétique. Ce parcours n’a pas été simple, car il a fallu traverser de nombreuses spécialités qui ne me passionnaient pas et valider un concours national extrêmement sélectif, où la place obtenue dicte la spécialité. Au bout de six ans de tronc commun, j’ai pu enchaîner avec cinq ans d’internat et deux ans d’assistanat hospitalier (le clinicat), soit treize années d’études incompressibles. J’ai choisi cette voie par besoin d’allier un travail intellectuel exigeant à une forte composante manuelle, tout en y ajoutant cette dimension artistique et esthétique unique.
2. Vous avez été chef de clinique en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique au CHU de Strasbourg et avez également enseigné à la faculté de médecine. En quoi ce parcours influence-t-il aujourd’hui votre pratique et votre relation avec vos patients ?
Enseigner m’a appris à clarifier mon propos, à expliciter chaque geste et chaque choix thérapeutique. C’est une habitude précieuse en consultation : la médecine verticale d’autrefois, où le patient subissait la décision du médecin les yeux fermés, est révolue. Aujourd’hui, nous échangeons.
J’expose le problème et les solutions, et le patient s’intègre pleinement dans la réflexion et la décision finale.
« Dans ma patientèle, le mot d’ordre est l’ultra-naturel », explique le chirurgien.

3. Vous dites vouloir « traiter le paraître tout en tenant compte du mal-être ». Que signifie cette phrase pour vous et quelle place accordez-vous à la confiance en soi dans votre accompagnement ?
En chirurgie esthétique, les patients ne sont pas malades au sens pathologique, mais leur complexe engendre parfois un réel mal-être psychologique. Je pense à cette jeune patiente très complexée par son nez, fuyant les photos et s’isolant, dont la vie sociale et amoureuse a littéralement basculé après l’intervention. C’est une véritable renaissance. C’est la preuve que cette chirurgie, loin d’être futile, apporte un soulagement psychologique profond.
4. Le naturel est aujourd’hui au cœur des attentes. Quelles sont les demandes que vous rencontrez le plus souvent chez les femmes qui souhaitent avoir l’air plus fraîches, reposées ou rajeunies, sans que l’on puisse deviner qu’elles ont eu recours à la médecine esthétique ou à la chirurgie ?
Dans ma patientèle, le mot d’ordre est l’ultra-naturel. Qu’il s’agisse du visage, de la poitrine ou d’une silhouette, on cherche à devenir une meilleure version de soi-même sans aucun signe ostentatoire. Tout le monde doit voir que la patiente est reposée, sans jamais deviner l’intervention. C’est une approche très ancrée dans la discrétion française, à l’opposé de certains standards étrangers où la chirurgie s’affiche comme un marqueur social.
5. Injections, médecine esthétique ou chirurgie : comment déterminer ce qui est réellement adapté à une patiente ? Et comment savoir lorsqu’une intervention chirurgicale devient plus pertinente qu’un traitement esthétique ?
Les indications sont codifiées et l’hésitation est rare. Tout dépend de la demande, de l’état initial des tissus, de la durabilité recherchée et des limites techniques. Face à un relâchement trop important, la médecine esthétique montre ses limites et la chirurgie peut devenir plus pertinente. À l’inverse, de légers défauts se corrigent parfaitement en quelques minutes par de petites injections. L’analyse croisée de ces paramètres en consultation permet de poser la bonne indication.
6. Peut-on donner quelques repères selon les âges ? Que conseilleriez-vous à une femme de 30 ans, de 40 ans, de 50 ans ou de 60 ans qui souhaite préserver son visage et son corps, bien vieillir, sans tomber dans la surenchère ?
Il n’existe pas de protocole standard, car le vieillissement dépend de la qualité de la peau et des tissus, bien plus que de l’état civil. Le Botox, par exemple, se commence face à une indication précise de crispation musculaire, et non à un âge fixe. À titre indicatif, et uniquement lorsqu’il existe une indication, on peut néanmoins dégager quelques grandes tendances :
À 30 ans : prévention ciblée (Botox des rides d’expression, mésothérapie, skincare). À 40 ans : restructuration des volumes pour contrer la fonte graisseuse débutante.
À 50 ans : choix charnière entre la poursuite de la médecine esthétique et le passage à la chirurgie, dont le résultat est souvent plus stable et harmonieux lorsque les signes sont encore modérés.
À 60 ans et plus : primauté des protocoles chirurgicaux, subtilement entretenus par la médecine esthétique.



7. Vous pratiquez notamment la chirurgie du rajeunissement facial, avec le lifting et la chirurgie des paupières. Quelles sont aujourd’hui les évolutions qui permettent d’obtenir des résultats plus subtils et plus naturels ?
Pour les paupières, nous sommes plus conservateurs : on évite de creuser le regard en retirant trop de graisse, en privilégiant le repositionnement des poches. Pour le visage, le deep plane (lifting profond) fait partie des évolutions importantes de ces dernières années. En travaillant en profondeur et en replaçant les structures musculo-graisseuses en monobloc, on obtient un résultat durable et naturel, sans l’effet figé d’autrefois.8. Quelles sont les principales erreurs que vous constatez chez les patientes qui souhaitent rajeunir leur visage ? Et quels conseils donneriez-vous pour éviter un résultat figé, trop volumisé ou qui ne correspond pas à leur personnalité ?
La principale dérive réside dans la sur-injection. Le piège est insidieux : l’œil s’habitue au résultat, oublie l’état initial, et l’on finit par consulter pour en rajouter, séance après séance, jusqu’à la pillow face. C’est le rôle du chirurgien de savoir poser des limites et de freiner les demandes excessives pour préserver l’équilibre du visage.9. Avant de se lancer dans une intervention ou un traitement esthétique, quels sont selon vous les éléments essentiels à vérifier : choix du praticien, qualification, première consultation, attentes réalistes… ?
En France, le niveau chirurgical est globalement homogène et rigoureux. Le critère déterminant est la relation de confiance et l’écoute. Il faut s’assurer que le praticien a parfaitement cerné vos attentes. Une bonne entente est indispensable, notamment si une complication survient : savoir qu’on peut compter sur son chirurgien pour traverser sereinement un aléa et trouver une solution évite la double peine d’une insatisfaction et d’une rupture de confiance.10. Pour terminer, quels seraient vos trois conseils essentiels à une femme qui souhaite prendre soin d’elle, préserver son visage et son corps et bien vieillir, tout en restant pleinement elle-même ?
1. Avancer par étapes : éviter de tout vouloir faire en même temps.2. Respecter le timing des indications : ne rien faire trop tôt, mais ne pas tarder non plus quand le traitement devient pertinent.
. Privilégier un suivi dans la durée : lorsque la relation de confiance est établie, être suivi par un praticien qui connaît votre visage, vos réactions et vos attentes permet de conserver une cohérence au fil des années.
Dr Alexandre Koutsomanis
89 rue de la pompe
75016 Paris
Tel : 06 33 82 61 49
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